Lyristes plebejus

Sous ce titre énigmatique (peut-être pas pour tout le monde), j’inaugure une nouvelle catégorie de messages : « Parisiens, tendez vos mannes. » Les lecteurs d’Alphonse Daudet auront reconnu une citation du « Curé de Cucugnan », dans les « Lettres de mon moulin » :

Tous les ans, à la Chandeleur, les poètes provençaux publient en Avignon un joyeux petit livre rempli jusqu’aux bords de beaux vers et de jolis contes. Celui de cette année m’arrive à l’instant, et j’y trouve un adorable fabliau que je vais essayer de vous traduire en l’abrégeant un peu… Parisiens tendez vos mannes. C’est de la fine fleur de farine provençale qu’on va vous servir cette fois…

Je vous laisse découvrir (ou re-découvrir) la suite du fabliau dans le volume des « Lettres » qui doit certainement se trouver sur les rayonnages de votre bibliothèque.

Je me propose ainsi de partager avec vous des réalités spécifiquement méditerranéennes, au fil de mes découvertes, curiosités et selon les circonstances saisonnières.

Je commence donc en vous présentant Lyristes plebejus, la Cigale plébéienne, à la fois si familière et méconnue. La forte chaleur de ces derniers jours a provoqué une véritable explosion démographique de la population cigale dans le jardin et cela me donne l’occasion de vous dire quelques mots de cet insecte touchant et admirable (quoiqu’en dise et en pense Monsieur de la Fontaine).

La femelle Lyristes plebejus (famille des Cicadidae) pond ses œufs (environ 600) dans les tiges des arbres, arbustes et plantes herbacées. Les larvules qui naissent de ces œufs subissent une première mue (et acquièrent ainsi des pattes) et se laissent tomber dans le sol dans lequel elles vont s’enfoncer grâce à une paire de pattes fouisseuses.

La larve vit sous terre au moins deux ans, tout en subissant quatre autres mues. Aveugle, vivant isolément, elle creuse des terriers individuels à proximité des racines qui lui procurent la sève dont elle se nourrit. Après la quatrième mue, la larve passe au stade de larve nymphoïde et remonte à la surface en laissant dans le sol des trous caractéristiques.

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L’imago au sortir de l’exuvie

Sortie de terre, cette larve grimpe sur un support (souvent végétal : plante à développement bas mais aussi sur la base des troncs d’arbres ; parfois, comme ici, sur le pied d’une table…) et effectue sa dernière mue, la mue imaginale. L’imago apparaît en environ une quinzaine de minutes abandonnant l’exuvie, la peau morte de la larve nymphoïde.

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Exuvies

Trois heures après, l’imago acquiert sa pigmentation compète ainsi que l’usage de ses ailes. Elle présente la physionomie définitive de la cigale qui a notamment abandonné la paire de pattes fouisseuses qui ne lui sont plus d’aucune utilité.

Dès lors, la cigale entre dans la dernière période de sa vie, la plus courte puisqu’elle ne vit que deux à quatre semaines, le temps de se reproduire. Dès sa sortie de terre et une fois la dernière mue effectuée, le mâle commence à chanter ce qui s’apparente bel et bien à un chant du cygne…

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Je dois à l’exposé de Manuel Ibanez (publié sur le site de l’OnEm, Observatoire Naturaliste des Ecosystèmes Méditerranéens, http://www.onem-france.org/cigales/files/Expose_Cigales_MI.pdf) ma toute fraîche connaissance des cycles de la vie de Lyristes plebejus.

Photos : Olivier Ricomini

Un commentaire sur « Lyristes plebejus »

  1. Toujours aussi passionnantes ces informations, j’entendrai le chant des cigales différemment maintenant! Et à Porquerolles, elles ne manquent pas!
    J-L

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