Topographie des Jardins de l’Abbaye Saint-André

Les Jardins de l’Abbaye Saint-André sont implantés au sommet du Mont-Andaon, grand promontoire rocheux qui surplombe Villeneuve-lès-Avignon et la vallée du Rhône. L’abbaye et le bourg qui s’était établi à son ombre ont été fortifiés à partir du début du XIVe siècle, dans le contexte du conflit qui opposait le roi de France au pape installé en Avignon (pour un exposé plus complet de l’histoire du lieu, je me permets de vous renvoyer au site officiel de l’abbaye  : http://www.abbayesaintandre.fr/histoire/).

Les jardins s’organisent sur deux niveaux, qui se distinguent nettement l’un de l’autre grâce aux grandes terrasses, supportées en leur extrémité est par des voutes, édifiées par les moines bénédictins mauristes au XVIIIe siècle et destinées à gagner de la surface sur la colline pour y construire un ensemble monumental de bâtiments conventuels, aujourd’hui disparus.

Dans la partie basse (à la porte d’entrée de l’Abbaye), l’altitude est de 55 mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans la partie la plus haute (chapelle Sainte-Casarie), elle est de 70 mètres (données Géoportail).

La partie inférieure du jardin a été aménagée (à partir des années 1920) en Jardins italiens par Elsa Kœberlé (1881-1950). Ils se composent au sud, le long du rempart, d’une promenade ouvrant sur Avignon et la vallée du Rhône et, pris entre cette promenade et les terrasses, d’un ensemble très architecturé : parterres de rosiers en éventail (Elsa Kœberlé était passionnée par les éventails et les collectionnait), deux bassins, deux massifs d’iris et une pergola, initialement plantée de vigne, adossée à la terrasse. L’ensemble ponctué régulièrement de cyprès d’Italie et agrémenté de quelques statues soigneusement choisies : Diane au centre de l’éventail de parterres de rosiers ; Cérès, au centre de la pergola (cette statue se trouvait originellement à l’extrémité de la terrasse sud) ; Mnémosyne, déesse de la Mémoire et mère des Muses, qui domine paisiblement le bassin est du jardin italien.

La partie haute du jardin, à laquelle on accède soit par un escalier construit sur le flanc du Palais abbatial à l’ouest de la pergola, soit par un plan incliné passant sous les voûtes à l’est, est essentiellement l’œuvre de Roseline Bacou (1923-2013) qui hérite du lieu à la mort d’Elsa Kœberlé en 1950. On lui doit de nombreux travaux archéologiques qui ont permis de mettre en valeur les ruines des églises Saint-André et Saint-Martin, de redécouvrir le cimetière des moines, mais aussi la restauration de la chapelle Sainte-Casarie. Ces jardins ont été judicieusement aménagés en jardins méditerranéens et s’apparentent à une « garrigue jardinée », dominée par la présence d’oliviers plus que centenaires qui composent un écrin à la chapelle Sainte-Casarie. Dans cette partie du jardin, la roche-mère affleure partout, lui conférant une dimension tellurique très marquante.

J’espère que ce plan en trois dimensions vous permettra de mieux visualiser l’implantation du lieu, sa topographie complexe et de me suivre plus à l’aise dans les pérégrinations que je vous proposerai bientôt, au fil de mes travaux d’automne et d’hiver ! Vous pouvez retrouver ce plan en grandes dimensions (et donc bien plus lisible) sous la rubrique « Plan de Saint-André », dans la colonne de droite. A bientôt… au Jardin du Feu !

 

Plan Jardins Saint-André copie

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