Samedi 4 / Dimanche 5 avril

Comme promis, je vais vous donner ce week-end quelques nouvelles du grand parterre du jardin italien.

Vous le savez déjà (ou peut-être pas…) mais voilà un an déjà qu’a été prise la décision de tourner la page des rosiers. Je vous ai souvent parlé des problèmes liés à ces massifs de rosiers (des Rosa chinensis ‘Old Blush’) et des nombreuses difficultés auxquelles il fallait faire face : pauvreté extrême d’un sol très abimé, exposition problématique, inadaptation des rosiers aux conditions climatiques et pédologiques. Sans compter le fait que, au grand dam des visiteurs estivaux, les rosiers étaient réduits à leur plus simple expression à partir de la mi-juin et ne se refaisaient « une beauté » qu’en septembre, fleurissant à partir de novembre, pendant toute la période de fermeture des jardins au public !

Souvenons-nous… du temps des rosiers

En décembre 2018, une rencontre « au sommet » a réuni à Saint-André, autour de Gustave et Marie Viennet, des membres de la DRAC Occitanie, Jean-Michel Sainsard, expert Parcs et Jardins au Ministère de la Culture, rencontre centrée sur le devenir des rosiers et du grand parterre. A l’issu de cette réunion, nous avons eu le feu vert pour l’arrachage des rosiers et pour lancer une réflexion de fond sur le réaménagement de cet espace emblématique, d’une manière qui soit à la fois adaptée au site (tant d’un point de vue technique qu’esthétique) mais aussi aux nouvelles conditions climatiques, au caractère précieux de l’eau, etc. … Bref, une réflexion qui permette de penser l’adaptation du monument historique vivant qu’est un jardin à son époque et à ses défis.

Cette réflexion, qui doit aboutir à un projet pérenne, est toujours en cours et demandera du temps : il ne faut pas se tromper ! Le sujet est complexe car les paramètres problématiques sont nombreux : je l’ai déjà dit, pauvreté du sol, exposition difficile, alternant plein soleil (redoutable en été) et ombre compacte du rideau de cyprès planté au sud du parterre, sachant que cette exposition varie d’une saison à l’autre : des parties qui sont longtemps à l’ombre des cyprès au printemps passent brusquement au soleil alors que celui-ci est le plus brûlant. Un vrai casse-tête…

A cela s’ajoute (et c’est pour moi la difficulté majeure, tant d’un point de vue technique qu’esthétique) la très grande surface que représente ce parterre (un peu plus de 300 m2) : comment « habiter » intelligemment et efficacement une telle surface ? Les archives photographiques des jardins montrent que le problème s’est posé dès l’origine et n’a cessé de se poser jusqu’à aujourd’hui. Ces mêmes archives ont aussi confirmé que, depuis les premières années, les rosiers se sont trouvés en difficulté et ont été plusieurs fois remplacés suite à des vagues de mortalité. Roseline Bacou, qui trouve le grand parterre vide à son arrivée à Saint-André en 1950, décide de replanter des rosiers mais se retrouve rapidement confrontée aux mêmes difficultés. Un document des années 90 montre qu’elle prend conseil, auprès d’un paysagiste, pour savoir que planter parmi les rosiers qui puisse « masquer la misère » des Rosa chinensis déplumés en été…

En attendant que ce projet pérenne ait vu le jour, nous avons décidé, l’an dernier déjà, de procéder à un semis de prairie fleurie. L’expérience a été assez concluante, suffisamment pour que nous la reconduisions cette année (avec une variante dont je vous entretiendrai dans un prochain article… suspens !)

Last, but not least, Gustave Viennet, qui prend soin de moi, a décidé d’installer une ligne d’arrosage automatique, munie d’asperseurs, autour de chacune des quatre palmettes de ce grand éventail et ce afin de m’éviter la corvée d’un fastidieux arrosage au tuyau, pendant de longues heures ! Arrosage indispensable pour maintenir la prairie en vie pendant l’été… Mille mercis, Gustave, pour ce travail de romain !

Le parterre est donc fin prêt et je me prépare à semer, vraisemblablement mardi (car lundi Météo France nous annonce du vent…) A suivre !

La prairie fleurie à Saint-André, l’an dernier…

Musique du jour

Dimanche des Rameaux oblige, la Cantate BWV 182 « Himmelskönig, sei willkommen » (« Roi du Ciel, sois le bienvenu »), de Jean-Sébastien Bach, bien sûr.

 

Un commentaire sur « Samedi 4 / Dimanche 5 avril »

  1. La prairie est vraiment une jolie idée quand le problème de l’arrosage est résolu… L’an dernier, c’était très réussi. Et puis, toutes ses fleurs, souvent mellifères, attirent les insectes. A revoir avec grand plaisir… si possible !

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