A écouter sur France Culture !

Je vous recommande l’écoute de la très belle émission de « La méthode scientifique » du 26 février dernier, consacrée au renouveau de la botanique : « Un nouveau printemps pour la botanique« , avec Marc Jeanson, responsable de l’herbier du Muséum national d’Histoire naturelle, et Sébastien Thomine, directeur de recherche CNRS à l’Institut de Biologie Intégrative de la Cellule de Paris Saclay.

https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-du-lundi-26-fevrier-2018

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L’herbier du MNHN – Photo O. Ricomini, avril 2014

Photo d’ouverture : planche de l’herbier de Alexander von Humboldt et Aimé Bonpland, constitué au cours de leur voyage en Amérique équinoxiale, en Nouvelle-Espagne à Cuba et aux Etats-Unis (1799-1804) et déposé au Muséum à leur retour à Paris. Photo O. Ricomini, avril 2014.

Le sentier nord

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Voici venu le moment de vous présenter le dernier « chantier » de cet hiver. Au nord du jardin, le long du mur d’enceinte (n° 7 sur le plan), un chemin permet de rejoindre la chapelle Sainte-Casarie depuis les terrasses. Souvent « oublié » des visiteurs, tout en marches et en roches, ce sentier longe en son départ le fond du Jardin du Feu, puis l’oliveraie est. Il est bordé de restanques sur sa plus grande longueur. C’est un de mes endroits préférés dans le jardin, plein de charme et de poésie. On y accède par une porte (un portique plutôt), surmontée d’un linteau renaissance : une fois cette porte passée, on a le sentiment d’être passé de l’autre côté du miroir… On voit le sentier monter, mais sans savoir vers où il nous mène.

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Comme dans les autres cas, la végétation avait poussé anarchiquement, bouchant les vues latérales sur l’oliveraie, envahissant certaines plantes remarquables, notamment un Anthyllis barba-jovis (« Barbe de Jupiter ») ancien et de toute beauté, ainsi qu’un superbe lentisque pistachier (Pistacia lentiscus). Cette strate arbustive, composée quasi exclusivement de lauriers-tin et de Rhamnus alaternus (Nerprun alaterne), avait fait disparaitre presque complètement la structure en restanques mais commençait aussi à déborder excessivement sur le sentier, rendant la circulation laborieuse.

Enfin, des lilas avaient envahit tout l’espace disponible, parasitant visuellement la compréhension de l’ensemble. Par ailleurs, ces lilas étaient devenus peu adaptés à la situation : ne souffrant pas assez de la sècheresse pour disparaître d’eux-même, ils n’en devenaient pas moins très inesthétiques dès les premières chaleurs, fleurissant peu et présentant aux visiteurs un bosquet au feuillage cramoisi…

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L’Anthyllis barba-jovis avant et après intervention

Il m’a donc fallu tailler, recéper, déssoucher, arracher, pour réouvrir des vues sur l’oliveraie, sur Sainte-Casarie au loin, retrouver les restanques, en piteux état, remonter (modestement) un muret en pierres sèches qui avait complètement disparu sous les lilas et que les fortes racines de ces derniers avaient abimé. J’ai aussi pu faire réapparaitre la roche qui affleure partout et qui marque fortement l’identité de cette partie du jardin.

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Sur la gauche : les lilas ; à droite, le Pistacia lentiscus (avant intervention)
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Le massif des lilas après intervention ; à ce jour, les iris ont pu reprendre le dessus et tapissent l’ensemble du massif. Débarrassés des lilas, ils vont pouvoir reprendre leur développement.

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« Re-découverte » des restanques disparues…

Projets d’avenir…

L’ensemble, sans perdre de son charme mystérieux (je l’espère tout du moins !) est redevenu lisible et pourra se prêter, dans les années qui viennent, à un programme de plantations. J’ai pour ma part suggéré de transformer ce chemin en « sentier de botanique méditerranéenne ». Les visiteurs se plaignent régulièrement de ne pouvoir identifier les végétaux dans le jardin. Il semble difficile et peu pertinent de truffer le jardin d’étiquettes, d’autant plus que la diversité botanique n’y est pas importante. Ce sentier permettrait donc de concentrer l’étiquetage dans une seule partie du jardin, tout en étoffant des collections de plantes méditerranéennes, ou en proposant, pourquoi pas, une collection d’intérêt national consacrée à un seul genre (Cistus par exemple). De plus, la structure en restanques du sentier se prêterait bien, me semble-t-il, à ce type d’aménagement. A suivre…

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Arrivés en haut du sentier, Sainte-Casarie se profile à nouveau à l’horizon…

Ex Cursus technique : gare au taille-haie !

Cet article me donne l’occasion de parler d’un problème récurrent à Saint-André, auquel je n’ai cessé de me confronter au cours de ces travaux d’automne et d’hiver : celui des conséquences de la taille au taille-haie.

Le taille-haie (manuel ou électrique) est en effet une tentation pour le jardinier : il permet, rapidement (et sans avoir à trop réfléchir…) de contraindre un arbuste à peu de frais tout en lui donnant une forme qui satisfera grosso modo son sens pointu de l’esthétique. Cette forme, on le sait, reste majoritairement la sphère (finalement la plus simple à mettre en œuvre). On sait que l’ars topiaria a promu bien d’autre formes, jusqu’aux plus farfelues, mais malgré tout la boule domine. On taille donc en boule (voire en « bouboule », la bouboule étant, comme on le sait, le nec plus ultra de la boule, son apogée, son ultime perfection). « Vite fait, bien fait »… Cela reste encore à vérifier.

Car il faut savoir que rares sont les végétaux qui s’accommodent bien de ce traitement. Si le buis et l’if s’y prêtent sans trop de difficultés, la plupart supportent mal l’opération et finissent même par développer des maladies. Car non seulement la taille au taille-haie ne respecte pas l’architecture propre aux arbustes mais elle représente un traumas indéniable : le taille-haie, surtout quand il est électrique, déchiquète les parties ligneuses ainsi que les feuilles, laissant leur limbe blessé et à nu.

De plus, surtout lorsqu’il s’agit de tailler des arbustes acrotones*, on s’expose à devoir s’affronter tôt ou tard à des problèmes qui ont peu de solutions… En effet, le taille-haie ne permet de tailler qu’en surface. Mais la plante poursuit implacablement sa croissance, en hauteur et en épaisseur. A plus ou moins longue échéance, on court le risque de produire de très belles boules qui finiront par déborder, soit sur un cheminement, soit sur une vue qui sera alors obstruée. On se heurte alors à une impasse. Car si vous souhaitez tailler un peu plus sévèrement pour retrouver la vue ou regagner de l’espace, l’arbuste, qui la plupart du temps s’est dégarni de la base, présentera invariablement l’aspect d’une pelote de bois sec juchée au sommet d’un manche à balais… Il ne reste plus d’autre solution que de repartir à zéro en recépant.

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Viburnum tinus (Laurier-tin) après plusieurs années de taille au taille-haie.

Enfin, il faudrait invoquer des motifs esthétiques : si la « géométrisation » du végétal par la taille est légitime dans certaines parties du jardin, en fonction de son style et de son époque, elle ne l’est pas nécessairement partout. Signe et symbole de notre volonté de maîtrise du vivant jusque dans l’imposition d’une forme qui n’est pas la sienne, ce type de taille risque, si elle est répétitive, de provoquer l’ennui. En tout cas, elle ne cesse de renvoyer à une main-mise par trop marquée de l’humain sur la nature.

Pour ma part, j’apprécie particulièrement le travail dans la partie méditerranéenne du jardin (qu’Elsa Kœberlé appelait « le jardin sauvage ») car je peux y travailler des heures et des jours sans que mon passage de ne se remarque. Une autre manière d’être jardinier, en essayant de s’effacer… Cela nous invite aussi à réévaluer notre idée du beau, qui pendant trop longtemps s’est articulée (pour ne pas dire identifiée) à celle du propre (concept éminemment néfaste pour le jardin).

Donc, méfiez-vous du taille-haie et préférez-lui la taille douce ou raisonnée, plus longue et plus complexe mais qui vous donnera l’occasion d’entrer dans l’intimité de la vie et du développement de vos plantes, ce qui se révèlera passionnant !

Je terminerai en soulignant l’importance du choix des végétaux : anticipez leur croissance et leur développement avant de les planter. Car la taille ne pourra résoudre tous les problèmes. Si un arbre ou un arbuste est génétiquement « programmé » pour mesurer 10 mètres dans sa pleine maturité, vous le rendrez malheureux en le taillant pour qu’il ne dépasse pas un mètre ou deux. J’ai le sentiment d’énoncer là une vérité première mais on n’insiste jamais assez sur la nécessité de respecter ce critère particulier de sélection.

Si la question de la taille vous intéresse particulièrement, je vous conseille la lecture des ouvrages de Pascal Prieur, récemment réédités par Ulmer dans des éditions mises à jour et augmentées : « La pratique de la taille raisonnée des arbustes » et « Les fondamentaux de la taille raisonnée des arbustes » qui constitue le volet théorique de son travail. Votre pratique de la taille s’en trouvera changée.

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Taille sévère des lauriers tin, pour réouvrir la vue sur l’oliveraie

 

* Acrotone – Acrotonie : « Principe de ramification selon lequel un axe développe plus vigoureusement les bourgeons situés à son extrémité que ceux situés à sa base. » (Pascal Prieur). S’oppose à la basitonie, qui présente la tendance inverse.

 

A vos agenda !

Peut-être connaissez-vous la très belle série documentaire « Jardins d’ici et d’ailleurs« , diffusée au printemps sur Arte depuis trois ans ?

La troisième saison sera diffusée du lundi 5 mars au 30 mars, à 17h35 sur ARTE. Et l’émission du 12 mars sera consacrée… aux Jardins de l’Abbaye Saint-André ! Notez donc scrupuleusement cette date sur vos tablettes…

Chaque épisode sera disponible en replay pendant 60 jours (https://www.arte.tv/fr/).

Au programme :

Lundi 5 mars Kerdalo (France) réalisé par Hugo Benamozig

Mardi 6 mars Marqueyssac (France) réalisé par Lelio Moehr

Mercredi 7 mars Jardin alpin du Lautaret (France) réalisé par Emmanuel Descombes

Jeudi 8 mars Hermannshof (Allemagne) réalisé par Emmanuel Descombes

Vendredi 9 mars Tresco Abbey (Royaume-Uni) réalisé par Timo Ebermann

Lundi 12 mars Abbaye de Saint-André (France) réalisé par Mathieu Despiau

Mardi 13 mars Les Hortillonnages (France) réalisé par Lelio Moehr

Mercredi 14 mars Jardins de Linne (Suède) réalisé par Mathieu Despiau

Jeudi 15 mars Sezincote (Angleterre) réalisé par Timo Ebermann

Vendredi 16 mars Babylonstoren (Afrique du Sud) réalisé par Julien Naar

Lundi 19 mars La Garenne Lemot (France) réalisé par Timo Ebermann

Mardi 20 mars Arboretum de Trsteno (Croatie) réalisé par Timo Ebermann

Mercredi 21 mars Englischer Garten (Allemagne) réalisé par Emmanuel Descombes

Jeudi 22 mars Jardin Georges Delaselle (France) réalisé par Hugo Benamozig

Vendredi 23 mars La Mortella (Italie) réalisé par Emmanuel Descombes

Lundi 26 mars à Little Sparta (Ecosse) réalisé par Timo Ebermann

Mardi 27 mars Villa Gamberaia (Italie) réalisé par Simon Watel

Mercredi 28 mars Jardin botanique Hanbury (Italie) réalisé par Simon Watel

Jeudi 29 mars Rosendal (Suède) réalisé par Mathieu Despiau

Vendredi 30 mars Kirstenbosch (Afrique du Sud) réalisé par Julien Naar

 

L’Iris de Suse

Certains d’entre vous connaissent ma passion et mon admiration pour Jean Giono et son œuvre. Il y a quelques années j’ai entrepris la lecture de son dernier roman, paru en 1969, un an avant sa mort, « L’iris de Suse ». Ignorant tout de la trame du roman, j’imaginais une aventure dont le héros serait un iris : j’en fus pour mes frais. La notice d’introduction de mon édition (Gallimard, collection Folio) se chargea en effet de me détromper sans détours, en citant Giono lui-même (mais sans indiquer de source précise) :

L’iris de Suse n’a jamais été une fleur (il n’y a pas d’iris à Suse)  ; c’était en réalité un crochet de lapis-lazuli qui fermait les portes de bronze du palais d’Artaxerxès (voir Mme Dieulafoy). Ici, il n’est qu’un os minuscule, pas plus grand qu’un grain de sel (au surplus inventé) qui crochète la voûte crânienne des oiseaux…

Et voilà. J’étais averti : il ne serait pas question d’iris dans le roman ! Je n’en goûtais pas moins les tribulations de Tringlot, de Toulon aux montagnes de Haute-Provence, où il finit par trouver sa place et son vrai bonheur (ses vraies richesses ?…) Et, bien évidemment, je crus Giono sur parole : l’iris de Suse n’existait pas.

Quelle ne fut donc pas ma surprise, lors de mon incursion dans les archives de Saint-André, de découvrir une facture des Etablissements Cayeux et Le Clerc (sis quai de la Mégisserie), spécialisés, comme chacun sait (la maison Cayeux existe toujours) dans les iris, qui mentionnait la commande par Elsa Kœberlé, en 1929 (facture datée du 23 décembre 1929), de plusieurs variétés d’iris, dont 40 rhizomes d’Iris de Suse (et des gros) : Giono m’avait trompé !

De retour chez moi je fis donc une petite recherche et découvrais qu’Iris susiana existait bel et bien. Le site de la WCSP (World Checklist of Selected Plant Families), liée au Jardin botanique de Kew, m’apprit qu’il s’agissait d’Iris susiana L.,  par conséquent nommé et décrit par Linné (en 1753), que sa zone de distribution était limitée au Liban (selon Linné ; cette zone de distribution s’est ensuite élargie à toute l’Asie Mineure). La base de donnée botanique du MNHN (Muséum national d’Histoire naturelle) a confirmé cette identification (cf. http://coldb.mnhn.fr/catalognumber/mnhn/p/p01840911).

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Planche de l’herbier du MNHN (n° d’inventaire MNHN-P-P01840911) ; Iris susiana L., collecté par l’Abbé Michon en Palestine en 1852

De son côté, le site internet de la RHS (Royal Horticultural Society) mentionne plusieurs synonymes : « Iris de Chalcédoine » (c’est sous ce nom qu’il apparaît dans l’herbier de Basilius Besler) et « Iris deuil », cette dernière dénomination faisant certainement référence à la nuance très particulière du violet de la fleur, tirant subtilement vers le noir, qui n’est pas sans rappeler le violet des ornements liturgiques dédiés aux temps de pénitence ou aux funérailles.

 

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Herbier de Basilius Besler (1613) ; au centre, Iris calcedonica

Reste-t-il des descendants de ces Iris de Suse plantés par Elsa Kœberlé à Saint-André ? Je ne saurais le dire. Il me faudra les scruter plus attentivement lors de la prochaine floraison !

Grâces soient donc rendues à Elsa qui, au détour d’une recherche dans ses archives, m’a permis de faire cette jolie découverte.

Et je n’en veux pas à Jean Giono d’avoir affirmé de manière si définitive que l’Iris de Suse n’existait pas : il a eu le génie poétique de le réinventer.

 

Jean GIONO, L’iris de Suse, Editions Gallimard, collection « Folio », Paris, 1970.

Mise en ligne d’une nouvelle galerie de photos

Je vous signale la mise en ligne d’une nouvelle galerie de photos, consacrée aux différents éléments de décors sculptés dans le jardin (statues, vases, fleurons, mobilier). L’essentiel de ces éléments est concentré dans le jardin italien, aménagé par Elsa Kœberlé et Genia Lioubow dès l’immédiat après Grande Guerre.

J’ai mis à profit une journée particulièrement pluvieuse de la semaine dernière pour demander l’autorisation d’explorer les archives relatives au jardin. J’ai donc passé une délicieuse matinée à dépouiller un carton d’archives dans lequel j’ai trouvé quelques éléments intéressants concernant la statuaire. Si aucun document ne m’a renseigné sur la réalisation des éléments bâtis du jardin italien (bassins, pergola, bancs et tables, bordures des parterres de rosiers) j’ai en revanche découvert des traces des recherches faites par Elsa et Genia concernant la statuaire et les vases. Notamment une très intéressante facture, datée du 18 décembre 1924, qui fait état de la commande à la SA « La Pierre Agglomérée » (sise à Boulogne, département de Seine) d’un ensemble de vases et de deux statues, celles qui sont à encore à l’honneur aujourd’hui dans le jardin italien :

  • Une copie de la statue de Marie-Adélaïde de Savoie, Duchesse de Bourgogne, en Diane, par Antoine Coysevox (1640-1720). L’original, datant de 1710, se trouve désormais conservé au Musée du Louvre (Département des sculptures, n° d’inventaire M.R. 1817). Voici la notice technique que l’on peut lire sur le catalogue du Louvre :

Marbre ; H. : 2 m. ; L. : 0,83 m. ; Pr. : 0,80 m.
Portrait en déguisement mythologique, exécuté en 1710, un an avant la mort de la duchesse de Bourgogne (1685-1711), épouse du petit-fils de Louis XIV, dont le caractère joyeux réjouissait particulièrement le roi.
Le marbre fut placé successivement à Petit-Bourg, château du duc d’Antin, directeur général des Bâtiments du Roi, puis à Louveciennes, dans la propriété de Madame Du Barry, enfin à Saint-Cloud de 1802 à 1834, et au Grand Trianon.

  • Une copie d’une statue romaine représentant Polymnie, Muse de l’Art lyrique et de la Rhétorique (j’ai écrit à tort qu’il s’agissait de Mnémosyne, mère de Polymnie…). Après quelques recherches, j’ai lu que l’original de cette statue se trouvait lui aussi au Musée du Louvre (comme faisant partie de la Collection Borghèse) mais ne suis pas parvenu à en retrouver la trace dans le catalogue numérique du Musée. Le site internet d’un antiquaire qui vendait une copie XIXe de cette statue indique dans sa notice que la partie inférieure de l’original datait bien de l’antiquité mais que la partie supérieure avait été complétée en 1780 par Agostino Penna (1728-1800), sculpteur, restaurateur et marchand d’art italien. C’est peut-être en raison de cette restauration (excessive ?) que l’œuvre est pour l’instant absente du catalogue des Antiquités romaines, en attente de trouver sa place dans le bon département…

Le catalogue de la maison « La Pierre Agglomérée » se trouve lui aussi dans les archives et consiste en un ensemble de cartes postales présentant les différents modèles de statues et vases à la vente, chaque modèle portant un numéro (n° 222 pour Diane ; n° 253 pour Polymnie).

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Les massifs de Sainte-Casarie

La chapelle Sainte-Casarie (XIe siècle) est à la fois le point culminant du jardin mais elle en est aussi le « pivot » historique. C’est en effet en raison de l’existence d’un pèlerinage très populaire à Casarie, sainte ermite du VIe siècle qui s’était retirée ici dans la solitude, que les bénédictins se sont installés au sommet du Mont Andaon dès le Xe siècle (la première abbaye est fondée au début de l’année 980).

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Cette chapelle romane minuscule (une « chapelle-reliquaire » pourrait-on dire) est juchée au sommet d’un promontoire rocheux qui affleure de toutes parts. Entourée d’une _DSC4312plate-forme qui mêle harmonieusement roche et maçonnerie, elle surplombe l’oliveraie et l’emplacement de la grotte occupée par l’ermite, murée depuis le Moyen-Âge. De l’entrée de la chapelle on a une vue splendide vers le sud, vers Avignon et sur la cime des oliviers.

Deux massifs encadrent ce promontoire : un à l’est, s’étendant entre le muret de la plate-forme et une allée des cyprès ; l’autre au sud, en contre-bas de la plate-forme, au pied d’une sorte d’abrupte falaise miniature. Au fil du temps, ces deux massifs se sont transformés en petites friches, mêlant pèle-mèle quelques vénérables cistes (mais devenus peu florifères en raison même de leur ancienneté), des Perovskia, des Iris échappés des bordures, les incontournables lauriers tin qui se ressèment allègrement partout dans le jardin, sans compter les adventices de toutes sortes et résidus de choix malheureux. Sans oublier une clématite sauvage extravagante qui avait recouvert la paroi sud du promontoire et était partie à l’assaut des oliviers.

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Massif est, avant intervention
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Massif sud, avant intervention

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Après un défrichage en règle (mais sélectif ! j’ai ainsi conservé l’ensemble des yuccas mais aussi les vieux cistes très beaux dans leurs ramifications), j’ai proposé un nouveau plan de plantation, exclusivement composé de plantes résistantes à la sècheresse :

Euphorbes (Euphorbia myrsinites, rigida, ‘Portugese Velvet’), Cistes (Cistus purpureus, x verguinii ‘Paul Pecherat’, oblongifolius, pulverulentus), Phlomis, Tanacetum densum, Bulbine frutescens ‘Hallmarck’, Stipa tenuifolia, Myrthus communis ‘Flore pleno’, Senecio vira-vira, Yucca rostrata, Muhlenbergia capillaris 

Nous sommes allés chercher ces plantes avec Marie Viennet, propriétaire des lieux, à la pépinière Quissac (à Souvignargues, Gard), spécialisée en plantes méditerranéennes et de jardins secs, dont je vous recommande chaleureusement la visite.

Après avoir transplanté les lavandes retirées du Jardin du Feu (cf. article précédent), qui semblent à ce jour avoir bien supporté l’opération, j’ai pu, fin novembre, procéder à la plantation des nouvelles venues. Cette date peut sembler tardive mais, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, l’automne est désormais, du moins sous nos latitudes, la période la plus favorable pour les plantations. Les plantes ont ainsi le temps de s’installer tranquillement sans avoir à faire face aux rigueurs de l’été qui arrivent très brutalement dès que le printemps s’achève, et qui sont bien plus dangereuses que les rigueurs (toutes relatives maintenant) de l’hiver. Elles bénéficient des pluies automnales et hivernales mais aussi (et de cela, il n’y a pas lieu de s’en féliciter, me semble-t-il), de la douceur des hivers méridionaux d’aujourd’hui.

Du déchignonage…

J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’évoquer cette pratique importante sans jamais rentrer dans le détail. Je profite donc de cet article pour le faire brièvement ! Il est indispensable, à la plantation, de procéder à un déchignonage méticuleux de la plante. De quoi s’agit-il ? Les plantes de pépinières sont généralement issues de semis ou de boutures et n’ont jamais connu que la vie en godet, puis en pot ou en container. Le système racinaire de la plante est donc contraint par l’espace du pot et, pour poursuivre sa croissance, n’a d’autre choix que de se développer en pivotant. Cette spirale compacte de racines que vous découvrez lorsque que vous retirez la motte du pot est appelée « chignon ». Il existe aujourd’hui des pots « anti-chignon » qui permettent aux racines de s’échapper un peu et de ne pas se lancer dans leur spirale infernale ! Mais leur efficacité est relative.

Il convient donc, avant de planter, de briser ce chignon de racines c’est à dire de briser leur mouvement hélicoïdal qui, sans cette opération, se poursuivra en pleine terre (cf. article précédent, au sujet des lavandes qui avaient été plantées sans déchignonage préalable). Et il faut pour cela trancher dans le vif, ce qui peut paraître brutal (c’est pourquoi beaucoup n’osent pas le faire) mais qui est pourtant indispensable. Il ne faut pas hésiter à briser cette dure motte de racines en la coupant au couteau (un couteau bien propre et désinfecté) pour permettre aux racines saines et vigoureuses d’émettre des radicelles latérales qui pourront librement investir leur bout de terrain.

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Euphorbia myrsinites au sortir du pot…
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Après déchignonage

Empierrement des massifs

Comme partout ailleurs dans le jardin, la terre de ces massifs est excessivement pauvre, pulvérulente et donc très vulnérable à l’érosion. Pour éviter que ces sols ne soient trop durement exposés, pour limiter leur lessivage et le ravinement, mais aussi pour conserver au maximum la fraicheur pendant les périodes chaudes de l’année, j’ai pensé que la solution de l’empierrement pourrait être pertinente. Elle présentait de plus l’avantage d’intégrer visuellement ces massifs dans un ensemble déjà très minéral, non exempt d’une certaine austérité que je qualifierais volontiers « d’érémitique » ! J’ai donc écumé le jardin à la recherche de pierres, ce qui m’a permis par ailleurs de faire un grand ménage, un certain nombre de ces pierres provenant des allées et cheminements sur lesquels elles entravaient la marche, mais aussi de l’oliveraie. J’ai donc fait,… d’une pierre deux coups !

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Petit journal des travaux

Massif est

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Etat juin 2017

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Massif sud

Etat octobre 2017, vu depuis la plate-forme de la chapelle et depuis l’oliveraie

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Après les plantations, l’empierrement…

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Etat décembre 2017

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Quelques portraits des nouvelles venues

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Tanacetum densum
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Bulbine frutescens ‘Hallmarck’
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Euphorbia rigida (à droite), Euphorbia characias ‘Portugese Velvet’ (à gauche), avant plantation
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Euphorbia rigida en pleine terre, prenant très légèrement sa teinte d’hiver. Cette euphorbe devient normalement rouge avec le froid mais celui-ci n’étant jamais venu, elle s’est plutôt décidée à fleurir (photo à venir)…

 

 

 

 

Le Jardin du Feu

Le Jardin du Feu (cf. n° 4 sur le plan) est une petite « cellule régulière » incluse dans le jardin méditerranéen qui, comme je l’écrivais, s’apparente davantage à une garrigue jardinée. Il est implanté sur le lieu où, vraisemblablement, les bénédictins faisaient leur feu. Il semblerait aussi que le premier aménagement de cet espace soit dû à Elsa Kœberlé, ce qui explique peut-être son caractère régulier et italianisant, comme une réponse, dans la partie haute des jardins, aux jardins italiens situés en contrebas des terrasses.

Ce jardin est aménagé de manière classique selon un plan en croix : quatre parcelles irrégulières bordées de buis réparties symétriquement autour d’un espace central circulaire. Au centre du jardin, une grande vasque moderne ornée d’un bas-relief évoquant les Vestales. Le Jardin du Feu est situé en contrebas de l’oliveraie, au pied d’un mur de pierres sèches orné, sur sa margelle, de quatre vases Médicis. Le long de ce mur, à l’ouest, est plantée une haie de cyprès (Cupressus sempervirens non fastigiés). Au sud, bordant le chemin longeant le jardin, une haie de cyprès fastigiés (Cupressus sempervirens var. stricta). Le fond du jardin, au nord, est fortement marqué par l’oblique de la colline, soulignée par un mur en pierres sèches ; ce massif tout en pente est planté de cyprès, d’oliviers et d’un tapis de Ceratostigma plumbaginoides qui apprécient cette exposition ombragée et relativement fraîche, offrant en été une belle floraison bleue et à l’automne un feuillage rouge éclatant. Derrière ce massif, courant le long du mur d’enceinte nord, un chemin particulièrement attachant (un de mes lieux préférés dans le jardin ! mais j’aurai l’occasion de vous en reparler bientôt) qui conduit jusqu’à la chapelle Sainte-Casarie). Faisant couronne à l’ensemble, une strate arbustive essentiellement composée de Viburnum tinus (Laurier tin), de Rhamnus alaternus (Nerprun alaterne), et de quelques Pittosporum tobira. Enfin, chacune des quatre parcelles étaient plantées de lavandes (essentiellement Lavendula angustifolia).

Comme dans d’autres parties du jardin, il a fallu procéder à un « rajeunissement » de l’ensemble : la croissance excessive des végétaux, des semis spontanés et quelques plantations « intempestives » avaient gommé la structure du jardin. Ainsi, la haie de cyprès, tous très sénescents, masquait entièrement le mur et la vue sur l’oliveraie qui surplombe le jardin. Les vues traversantes sur le paysages (notamment à l’est, vers le Mont Ventoux) étaient perdues, ainsi que la perception de l’oblique qui marque le fond du jardin. Enfin, au sud, la plantation trop serrée des cyprès — qui produisent une ombre très compacte — empêchait la lumière de s’introduire dans le jardin, au grand dam des lavandes qui ne parvenaient plus à se développer.

Ce chantier a donc été le premier de l’automne et j’ai été efficacement secondé dans ce travail par une stagiaire, Kathleen Personnic, en formation au CFPPA d’Avignon (BTSA « Aménagement paysager » en formation continue), qui m’a été d’une aide précieuse pendant les quinze jours qu’elle a passés à Saint-André au début de l’automne.

Les travaux de taille, d’élagage et d’abattage ont été complétés par l’arrachage des lavandes qui, pour la majorité d’entre elles, étaient arrivées en bout de course. Quelques-unes semblaient pourtant avoir été plantées relativement récemment mais sans réussir à s’enraciner. Pauvreté du sol, manque de lumière ou plantation hâtive sans dé-chignonage préalable (certains pieds présentaient en effet un étranglement du collet par une racine) ? IMG_20171023_094831Il ne faut écarter aucune de ces hypothèses. Les lavandes les plus robustes ont été conservées pour être replantées dans les massifs de Sainte-Casarie (que je vous présenterai dans un prochain article).

Nous avons décidé, avec les propriétaires, de ne pas replanter de lavandes pour le moment. J’ai donc proposé, pour tenter de redonner vie à un sol très appauvri et très pulvérulent, de semer un engrais vert, essentiellement composé de céréales et de fabacées (Avoine, Seigle, Lentille, Serradelle, Trèfle incarnat, Vesce, Epinard, Lin, Moutarde, Phacélie, Sarrasin). J’ai procédé au semis après une légère préparation des parcelles au motoculteur. Je craignais d’avoir fait ce semis trop tard dans la saison mais la douceur exceptionnelle de cet hiver et quelques pluies bienfaisantes sont venues à ma rescousse : quelle n’a pas été ma joie, au courant du mois de décembre, de voir apparaître une légère brume verte à la surface du sol !

En début de floraison, IMG_20171116_085708je faucherai et enfouirai superficiellement les coupes préfanées. Pour le printemps, je pense semer un mélange de prairie fleurie adaptée aux terrains secs, mélange que je compte agrémenter copieusement de coquelicots pour réchauffer ce jardin dédié au feu. Toutes ces opérations ont pour but de préparer le terrain en vue de l’élaboration d’un plan de plantation plus pérenne et réfléchi, qui tiendra compte des contraintes pédologiques du lieu, des contraintes d’exposition et qui, espérons-le, honorera dignement la mémoire du feu des bénédictins !

 

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Etat mars 2017
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Etat novembre 2017

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Faire entrer de la lumière…

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La haie de cyprès à l’ouest
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Retrouver les vues

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Histoire d’un semis…

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Janvier 2018. Vu depuis l’oliveraie. On aperçoit l’ombre portée particulièrement dense des cyprès plantés en bordure du jardin. Mais aussi, la petite brume verte du semis qui a levé…

Topographie des Jardins de l’Abbaye Saint-André

Les Jardins de l’Abbaye Saint-André sont implantés au sommet du Mont-Andaon, grand promontoire rocheux qui surplombe Villeneuve-lès-Avignon et la vallée du Rhône. L’abbaye et le bourg qui s’était établi à son ombre ont été fortifiés à partir du début du XIVe siècle, dans le contexte du conflit qui opposait le roi de France au pape installé en Avignon (pour un exposé plus complet de l’histoire du lieu, je me permets de vous renvoyer au site officiel de l’abbaye  : http://www.abbayesaintandre.fr/histoire/).

Les jardins s’organisent sur deux niveaux, qui se distinguent nettement l’un de l’autre grâce aux grandes terrasses, supportées en leur extrémité est par des voutes, édifiées par les moines bénédictins mauristes au XVIIIe siècle et destinées à gagner de la surface sur la colline pour y construire un ensemble monumental de bâtiments conventuels, aujourd’hui disparus.

Dans la partie basse (à la porte d’entrée de l’Abbaye), l’altitude est de 55 mètres au-dessus du niveau de la mer. Dans la partie la plus haute (chapelle Sainte-Casarie), elle est de 70 mètres (données Géoportail).

La partie inférieure du jardin a été aménagée (à partir des années 1920) en Jardins italiens par Elsa Kœberlé (1881-1950). Ils se composent au sud, le long du rempart, d’une promenade ouvrant sur Avignon et la vallée du Rhône et, pris entre cette promenade et les terrasses, d’un ensemble très architecturé : parterres de rosiers en éventail (Elsa Kœberlé était passionnée par les éventails et les collectionnait), deux bassins, deux massifs d’iris et une pergola, initialement plantée de vigne, adossée à la terrasse. L’ensemble ponctué régulièrement de cyprès d’Italie et agrémenté de quelques statues soigneusement choisies : Diane au centre de l’éventail de parterres de rosiers ; Cérès, au centre de la pergola (cette statue se trouvait originellement à l’extrémité de la terrasse sud) ; Mnémosyne, déesse de la Mémoire et mère des Muses, qui domine paisiblement le bassin est du jardin italien.

La partie haute du jardin, à laquelle on accède soit par un escalier construit sur le flanc du Palais abbatial à l’ouest de la pergola, soit par un plan incliné passant sous les voûtes à l’est, est essentiellement l’œuvre de Roseline Bacou (1923-2013) qui hérite du lieu à la mort d’Elsa Kœberlé en 1950. On lui doit de nombreux travaux archéologiques qui ont permis de mettre en valeur les ruines des églises Saint-André et Saint-Martin, de redécouvrir le cimetière des moines, mais aussi la restauration de la chapelle Sainte-Casarie. Ces jardins ont été judicieusement aménagés en jardins méditerranéens et s’apparentent à une « garrigue jardinée », dominée par la présence d’oliviers plus que centenaires qui composent un écrin à la chapelle Sainte-Casarie. Dans cette partie du jardin, la roche-mère affleure partout, lui conférant une dimension tellurique très marquante.

J’espère que ce plan en trois dimensions vous permettra de mieux visualiser l’implantation du lieu, sa topographie complexe et de me suivre plus à l’aise dans les pérégrinations que je vous proposerai bientôt, au fil de mes travaux d’automne et d’hiver ! Vous pouvez retrouver ce plan en grandes dimensions (et donc bien plus lisible) sous la rubrique « Plan de Saint-André », dans la colonne de droite. A bientôt… au Jardin du Feu !

 

Plan Jardins Saint-André copie

Grandes manœuvres d’automne et d’hiver

Si les périodes automnales et hivernales sont normalement des temps de repos pour le jardin, elles ne le sont pas pour le jardinier ! C’est en effet le moment idéal pour entreprendre des travaux de fond sur la structure du jardin. Ces travaux, sans cesse renouvelés, sont essentiels à plus d’un titre. Ils permettent de conserver sa lisibilité au jardin, de ne pas perdre les vues et ouvertures sur le grand paysage (essentielles à Saint-André). C’est aussi le moment idéal pour reprendre et renouveler des massifs, préparer le terrain pour des projets et interventions à venir.

Si ces travaux ne sont pas effectués régulièrement et attentivement chaque année, on court vite le risque d’être débordé : les vues se referment, les éléments structurants du jardins disparaissent sous la végétation, l’équilibre des masses végétales se perd petit à petit. Et cela va très vite, les plantes poursuivant leur croissance régulière sans se soucier de tous ces détails qui incombent… au jardinier !

Taille, élagage et débroussaillage tous azimuts donc, depuis la fermeture du jardin, plus quelques plantations au pied de la chapelle Sainte-Casarie, que je vous présenterai dans un article à venir.

J’ai pu venir à bout de l’énorme quantité de déchets verts générée par ces travaux grâce à l’arrivée, en octobre, d’un broyeur de végétaux, outil indispensable, qui m’a permis de redistribuer toute cette matière verte dans le jardin sous forme de broyât.

Mais avant de rentrer dans le détail de ces différentes interventions, je souhaiterais, à l’intention de celles et ceux qui n’ont jamais visité les Jardins de l’Abbaye Saint-André, vous présenter rapidement la topographie des lieux et la répartition dans l’espace des différents jardins qui composent cet ensemble.

Belle et heureuse année 2018

Je vous souhaite à toutes et à tous une heureuse année 2018. Qu’elle soit riche en belles rencontres, en projets passionnants et placée sous le signe de la joie et de la paix, pour vous et tous ceux qui vous sont chers.

Avec toute mon amitié et mes remerciements pour votre fidélité à la lecture de mes aventures hortésiennes !

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