Samedi 11 avril

Avant d’entrer dans la Nuit,

Huit minutes (et des poussières) contemplatives, pour se préparer à l’aube qui vient.

L’image semble immobile, mais elle ne l’est pas… Laissez-vous porter par la musique d’Antonín Dvořák (1841-1904), Quatuor à cordes en Mi mineur Op. 10, Andante religioso.

 

Et encore ceci pour la route…

Olivier Messiaen, Turangalîla-Symphonie (1946-1948).

VI. Jardin du sommeil d’amour (très modéré, très tendre).

Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de Myung-Whun Chung ; Roger Muraro au piano ; Valérie Hartmann-Claverie aux ondes martenot (enregistré Salle Pleyel le 3 octobre 2008).

 

Jeudi 9 avril

Aujourd’hui à Saint-André

Mon aide-jardinier du jour…

J’ai aujourd’hui bénéficié de la présence (précieuse) de mon aide-jardinier préféré : mon chat Balthazar…

Travailler…

 

…et bien sûr, se reposer.

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Travaux du jour

Après avoir complété l’arrosage d’hier, j’ai repris mes travaux de désherbage, dans les allées qui longent l’oliveraie au pied de la chapelle Sainte-Casarie. Sous haute surveillance…

Musique du jour

Olivier Messiaen
Olivier Messiaen, portrait par Arnaud Baumann

Olivier Messiaen, toujours, pour rester dans l’esprit de la semaine…

Pièces interprétées par Olivier Latry (j’ai tenté de savoir sur quel instrument, sans succès).

Le Banquet céleste

Livre du Saint-Sacrement. VIII. Institution de l’Eucharistie

Mercredi 8 avril

Aujourd’hui à Saint-André

Travaux du jour

Aujourd’hui, arrosage méticuleux du sentier de botanique méditerranéenne, qui commençait à en avoir bien besoin. Je n’avais pas arrosé depuis les plantations en décembre. Comme la météo a dû vous l’apprendre (si vous n’habitez pas le sud-est), ici c’est quasiment l’été. Il était donc grand temps de venir en aide à nos nouvelles arrivées, qui se portent toutes très bien.

La grande floraison de coquelicot se prépare patiemment… parmi eux, quelques messicoles semées l’an dernier qui se sont ressemées et font leur vie. Un vrai bonheur !

Mea culpa, mea maxima culpa…

Dans l’article que j’ai consacré au sentier botanique (week-end du 28/29 mars) j’ai commis deux omissions impardonnables (qui, je l’espère, me seront néanmoins pardonnées !)

J’ai omis de rappeler que la magnifique palette végétale du sentier botanique a été composée par la botaniste-jardinière Véronique Mure : pardon Véronique ! Je vous invite à nouveau à aller visiter son site internet pour découvrir son travail : https://www.botanique-jardins-paysages.com/

Enfin, j’ai oublié de dire (mais où avais-je la tête, ingrat que je suis ?) que plusieurs personnes s’étaient jointes à nous pour les plantations en décembre, des « amis » des jardins de Saint-André qui ont répondu à l’appel que j’avais lancé à l’occasion du dernier atelier de la saison ou qui se sont proposés spontanément pour nous aider, venant parfois de loin : MILLE MERCIS A EUX !

Souvenirs des plantations, le 5 décembre 2019

Musique au jardin

Aujourd’hui, Olivier Messiaen : Trois petites liturgies de la présence divine (œuvre créée le 21 avril 1945). Olivier Messiaen fait partie des compositeurs dont j’emporterais les œuvres sur une île déserte, comme on dit… Sa musique m’accompagne depuis longtemps, depuis que mon professeur de philosophie, au Lycée (c’était au Lycée Camargue, à Nîmes) me l’a fait découvrir en me tendant un jour, à la fin d’un cours, un enregistrement 33 tours du Quatuor pour la fin du temps, en me disant : « Je pense que cela devrais te plaire ». Je n’ai jamais pu dire à ce professeur ce que je lui devais, combien je lui étais reconnaissant d’avoir permis cette découverte et c’est toujours pour moi un regret.

Les poèmes des Trois petites liturgies sont de Messiaen. Je vous les propose ci-dessous, pour accompagner l’écoute. Ils condensent toute sa spiritualité, faite de joie, de couleurs, d’oiseaux, de fleurs… Bonne écoute !

I – Antienne de la conversation intérieure (Dieu présent en nous…)

Mon Jésus, mon silence,
Restez en moi.
Mon Jésus, mon royaume de silence,
Parlez en moi.
Mon Jésus, nuit d’arc-en-ciel et de silence,
Priez en moi.

Soleil de sang, d’oiseaux,
Mon arc-en-ciel d’amour,
Désert d’amour,
Chantez, lancez l’auréole d’amour,
Mon Amour.
Mon Amour,
Mon Dieu.

Ce oui qui chante comme un écho de lumière,
Mélodie rouge et mauve en louange du Père,
D’un baiser votre main dépasse le tableau,
Paysage divin, renverse-toi dans l’eau.

Louange de la Gloire à mes ailes de terre,
Mon Dimanche, ma Paix, mon Toujours de lumière,
Que le ciel parle en moi, rire, ange nouveau,
Ne me réveillez pas: c’est le temps de l’oiseau !

II. Séquence du Verbe, cantique divin (Dieu présent en lui-même…)

Refrain: Il est parti le Bien-Aimé, C’est pour nous ! Il est monté le Bien-Aimé, C’est pour nous ! Il a prié le Bien-Aimé, C’est pour nous ! Pour nous!

I

Il a parlé, il a chanté, Le Verbe était en Dieu ! Il a parlé, il a chanté, Et le Verbe était Dieu ! Louange du Père, Substance du Père, Empreinte et rejaillissement toujours, Dans l’Amour, Verbe d’Amour !

II

Par lui le Père dit: C’est moi, Parole de mon sein! Par lui le Père dit: C’est moi, Le Verbe est dans mon sein ! Le Verbe est la louange, Modèle en bleu pour anges, Trompette bleue qui prolonge le jour, Par Amour, Chant de l’Amour !

III

Il était riche et bienheureux, Il a donné son ciel! Il était riche et bienheureux, Pour compléter son ciel ! Le Fils, c’est la Présence, L’Esprit, c’est la Présence ! Les adoptés dans la grâce toujours, Pour l’Amour, Enfants d’Amour !

IV

Il a parlé, il a chanté, Le Verbe était en Dieu ! Il a parlé, il a chanté, Et le Verbe était Dieu ! Louange du Père, Substance du Père, Empreinte et rejaillissement toujours, Dans l’Amour, Verbe d’Amour !

V

Il est vivant, il est présent, Et Lui se dit en Lui ! Il est vivant, il est présent, Et Lui se voit en Lui ! Présent au sang de l’âme, Étoile aspirant l’âme, Présent partout, miroir ailé des jours, Par Amour, Le Dieu d’Amour !

III. Psalmodie de l’ubiquité par amour (Dieu présent en toutes choses…)

I

Tout entier en tous lieux,

Tout entier en chaque lieu,

Donnant l’être à chaque lieu,

A tout ce qui occupe un lieu,

Le successif vous est simultané,

Dans ces espaces et ces temps que vous avez créés,

Satellites de votre Douceur.

Posez-vous comme un sceau sur mon cœur.

II

Temps de l’homme et de la planète,

Temps de la montagne et de l’insecte,

Bouquet de rire pour le merle et l’alouette,

Eventail de lune au fuchsia,

A la balsamine, au bégonia ;

De la profondeur une ride surgit,

La montagne saute comme une brebis

Et devient un grand océan.

Présent, vous êtes présent.

Imprimez votre nom dans mon sang.

III

Dans le mouvement d’Arcturus, présent.

Dans l’arc-en-ciel d’une aile après l’autre,

(Écharpe aveugle autour de Saturne),

Dans la race cachée de mes cellules, présent,

Dans le sang qui répare ses rives,

Dans vos Saints par la grâce, présent

(Interprétations de votre Verbe, Pierres précieuses au mur de la Fraîcheur.)

Posez-vous comme un sceau sur mon cœur.

IV

Un cœur pur est votre repos,

Lis en arc-en-ciel du troupeau

Vous vous cachez sous votre Hostie,

Frère silencieux dans la Fleur-Eucharistie,

Pour que je demeure en vous comme une aile dans le soleil,

Vers la résurrection du dernier jour.

Il est plus fort que la mort, votre Amour.

Mettez votre caresse tout autour.

V

Violet-jaune, vision,

Voile blanc, subtilité,

Orangé-bleu, force et joie,

Flèche azur, agilité,

Donnez-moi le rouge et le vert de votre amour

Feuille-flamme-or, clarté.

Plus de langage, plus de mots,

Plus de prophètes ni de science

(C’est l’Amen de l’espérance, Silence mélodieux de l’Éternité.)

Mais la robe lavée dans le sang de l’Agneau,

Mais la pierre de neige avec un nom nouveau,

Les éventails, la cloche et l’ordre des clartés

Et l’échelle en arc-en-ciel de la Vérité,

Mais la porte qui parle et le soleil qui s’ouvre,

L’auréole tête de rechange qui délivre,

Et l’encre d’or ineffaçable sur le livre ;

Mais le face à face et l’Amour.

VI

Vous qui parlez en nous,

Vous qui vous taisez en nous,

Et gardez le silence dans votre Amour,

Vous êtes près, vous êtes loin,

Vous êtes la lumière et les ténèbres,

Vous êtes si compliqué et si simple,

Vous êtes infiniment simple. — L’arc-en-ciel de l’Amour, c’est vous,

L’unique oiseau de l’Éternité, c’est vous!

Elles s’alignent lentement, les cloches de la profondeur.

Posez-vous comme un sceau sur mon cœur.

XII

Vous qui parlez en nous,

Vous qui vous taisez en nous,

Et gardez le silence dans votre Amour,

Enfoncez votre image dans la durée de mes jours.